mercredi 8 avril 2009

Du voile et du keffieh, on pourra toujours parler plus tard !

La Convention Internationale relative aux droits de l’enfant garantit, en son article 14, la liberté de religion de l’enfant et sa liberté de la manifester, pour autant que cette manifestation ne contrevienne pas aux libertés d’autrui ni à l’ordre public. Cette garantie est aujourd’hui questionnée par un récent arrêt du Conseil d’Etat qui reconnaît le principe de l’inscription de l’interdit du port du voile dans le règlement d’ordre intérieur des établissements scolaires.

Le débat sur le port du voile à l’école est complexe et ne se laisse approcher vraiment, dans tout son sens et toute sa profondeur, que si l’on accepte d’aborder sérieusement les multiples questions annexes dans lesquelles il se fond.
Ces questions sont d’ordre religieux mais aussi social et politique : refuser de les aborder de front, c’est faire le jeu simpliste de celles et ceux qui, pressés d’en finir au plus vite, ne se préoccupent que des signes, au détriment de ce qu’ ils signifient.

Les raisons qui poussent des jeunes filles musulmanes à porter le foulard sont nombreuses et variées : certaines d’entre elles y sont contraintes par leur entourage alors que d’autres, touchées par la grâce religieuse, le portent par conviction. Certaines cherchent à se protéger et se replier quand d’autres considèrent le foulard comme un accessoire de mode. Certaines enfin trouvent dans ce simple morceau de tissu un outil magique à leur émancipation d’un modèle familial patriarcal contraignant : « je porte le foulard, j’accepte le code culturel et religieux de ma famille qui m’accorde, dès lors, une plus grande liberté ». Mais de nombreuses encore le portent par simple réaction au préjugé dans lequel elles se vivent enfermées et dont elles espèrent pouvoir se libérer, en le renversant positivement : plus on contraint les descendants d’immigrés à s’assimiler, plus on manifeste du mépris, de l’opprobre ou de l’hostilité vis-à-vis de leur culture d’origine, plus on les pousse à surenchérir et à réagir radicalement.

A vrai dire, il y a quinze ans, alors que l’Islam était bien moins diabolisé qu’aujourd’hui, les jeunes étaient également moins enclins à se déclarer Musulmans et à pratiquer leur religion :on ne peut s’empêcher, d’établir un parallèle entre la convergence d’un discours public qui fait de ces jeunes des musulmans, indépendamment de leur pratique, et la montée chez ces jeunes d’un néo-conservatisme religieux qui utilise, parfois à l’extrême, les interprétations les plus rigoristes des textes sacrés.

La pression de l’opinion publique, peu avare en matière d’amalgames, qui transforme tous les descendants d’immigrés du monde arabe en « Musulmans », empêche ces jeunes d’opérer tranquillement le « bricolage identitaire » auquel leurs appartenances multiples les contraignent. Comment, dans un tel contexte de défi et d’hostilité, peuvent-ils adopter à la fois ce qui leur plaît et leur semble bon dans leur culture d’origine et celle de leur pays d’accueil, sans se vivre renégat ? Sans renier leurs origines, leur famille, sans se renier eux-mêmes…
Soumis à un tel régime infamant, comment imaginer que ces jeunes, filles et garçons, trouvent la liberté d’exercer leur esprit critique et d’user de leur « droit d’inventaire » vis-à-vis de leur héritage ? On les contraint ainsi, par simple crispation identitaire, à n’en revendiquer que les aspects les plus caricaturaux et les plus archaïques, dont le port du voile...

Si la crispation est particulièrement sensible à l’école, c’est sans doute que celle-ci représente une institution sociale à part, sur base de la conviction, pourtant discutable, qu’elle est seule capable de dispenser un savoir humaniste susceptible d’appeler progressivement l’individu à une existence morale. Le port du voile à l’école revêt ainsi un caractère indubitablement provocateur, voire blasphématoire puisqu’il apparaît dans le « domaine sacré » des établissements scolaires.

Nombreux sont pourtant les observateurs à considérer que l’école n’est plus à la hauteur de cette attente. Bien des établissements, principalement dans les filières scolaires les moins valorisées qui accueillent en masse les jeunes de l’immigration, ont du laisser filer toute prétention à garantir la transmission d’un socle de base humaniste élémentaire. Faire de cette école affaiblie une institution à part, réclamant des égards particuliers, ne revêt aucun sens aux yeux des élèves qui la fréquentent et savent, mieux que quiconque, sa pauvreté éducative, sa tristesse relationnelle et son incapacité à marquer de manière constructive leur parcours initiatique d’adolescent(e)s.

Par contre, parmi les nombreuses difficultés rencontrées, l’impact de l’ethnicité dans l’espace scolaire, souvent méconnu ou dénié, s’avère particulièrement important. Plusieurs maux des établissements scolaires apparaissent, à l’analyse, comme lui étant associés (inégalité face aux inscriptions, ségrégation dans les orientations scolaires, exposition inégale à la punition,…). Un peu comme si cette campagne, que certains voudraient entreprendre contre la visibilité de l’Islam à l’école, se déroule sur fond de « visibilité » malgré eux des jeunes issus de l’immigration : on les voit, quoi qu’ils fassent ! Ainsi l’idée d’interdire le port du foulard à l’école est vécue par un grand nombre de jeunes issus de l’immigration, comme une violence insidieuse supplémentaire qui leur est faite et qui confirme l’idée que, confinés à des catégories de perceptions scolaires ethnicisées (immigrés, musulmans, difficiles, scolarisés dans des établissements sensibles…), ils ne sont ni désirés, ni tolérés…C’est de ce poids indigne d’une nation civilisée qu’il faut alléger l’existence de ces adolescent(e)s . Du voile ou du keffieh on pourra toujours parler plus tard !

Condamner et vouloir éradiquer les expressions de ce qui représente souvent une rébellion, une résistance, mais aussi une stratégie de survie en dépit du racisme, les réprimer, c’est accentuer encore le ressentiment légitime de ces jeunes vis-à-vis de la société. Il apparaît ainsi que seule la voie du dialogue et du compromis est de nature à apaiser les tourments qui traversent l’école, en lien avec ses élèves issus de l’immigration, et dont le voile n’est finalement qu’un épiphénomène.
Il faudrait pour cela que l’on veuille bien privilégier la raison à la passion, l’explication à l’argument d’autorité, le dialogue à l’invective… A y réfléchir de plus près, n’est-ce pas là, justement, ce que devrait autoriser l’école dans une démocratie telle que nous serions fiers de pouvoir nous revendiquer ?

Publication dans "Le soir" du jeudi 9 avril 2009

mercredi 7 janvier 2009

Audition devant la commission santé du parlement de la Communauté Française

La chef de groupe MR du parlement de la Communauté française, Françoise Bertieaux, a reproché mercredi au Délégué général aux droits de l'enfant, Bernard De Vos, de s'être départi de son impartialité en militant en faveur du décret "Mixité" du gouvernement de la Communauté.
En Commission du parlement, le Délégué a rétorqué qu'il n'avait fait que remplir sa mission en diffusant le maximum d'informations aux parents autour du décret et de la procédure d'inscription des élèves dans l'enseignement secondaire.
Comme le prévoit un décret de la Communauté française, le Délégué général est tenu de présenter annuellement son rapport d'activités de l'année précédente devant le parlement de la Communauté.
Se livrant à cet exercice mercredi devant la Commission de la Santé, M. De Vos, qui a succédé l'an passé au très médiatique Claude Lelièvre, a notamment indiqué qu'il avait mis en place un travail d'équipe au sein de ses services, en lieu et place de la relation privilégiée qui existait entre son prédécesseur et son principal collaborateur.
Evoquant le décret Mixité, le Délégué a insisté sur l'effort d'information déployé par ses services auprès des parents.
Cette partie du rapport n'a pas eu l'heur de plaire à Mme Bertieaux.
"Votre engagement militant pour le décret mixité, avec mediabus, brochures et affiches, est-il impartial? ", a-t-elle demandé, accusant M. De Vos d'avoir fait la promotion "de la 3e bêtise du gouvernement".
Remarquant que la chef de file réformatrice l'avait déjà classé au nombre des "calamités" de la Communauté, aux côtés de Marie Arena et de Catherine Fonck, il a expliqué qu'à partir du moment où le décret sur la mixité souhaitée par tous avait été adopté par le parlement, il devait faire l'objet d'une stratégie d'information, qui touche tous les parents et puisse faire contrepoids aux positions tranchées présentées par l'association Elèves.
L'attitude "militante" attribuée au Délégué et son langage parfois carré ont été en revanche salués tant par les intervenants PS que cdH, avec un léger bémol pour ces derniers, concernant certaines positions prises. Mais pour Marc Elsen, du cdH également, si certaines des expressions de M. De Vos "peuvent tomber comme une pierre dans l'eau et éclabousser", il ne fait que jouer son rôle.
La majorité des intervenants a aussi salué le changement de ton dans la façon d'agir et de communiquer du nouveau Délégué, qui a succédé il y a un an à un Claude Lelièvre "qui était sa propre promotion ambulante", a dit Mme Bertieaux.
Le Délégué général a encore regretté le manque de collaboration affiché par la ministre fédérale de la Politique de migration et d'asile Annemie Turtelboom (Open Vld). Les lettres qu'il lui a envoyées pour obtenir des chiffres sur les mineurs demandeurs d'asile et leur présence dans des centres fermés sont restées sans réponse.
Il a aussi mis en lumière les ravages causés sur les enfants et les familles par la pauvreté. Il s'est dressé contre le nombre élevé de placements en institutions fermées et a jugé inacceptable le dessaisissement des tribunaux de la jeunesse au profit des tribunaux pour adultes. (belga)

jeudi 25 décembre 2008

L'indécence n'est pas une valeur morale!

Ca se passe au cours d’une réunion organisée par un Conseil d’Arrondissement de l’Aide à la Jeunesse (CAAJ) à laquelle ont été conviés des mandataires des communes voisines. J’y suis invité à prendre la parole pour soutenir un projet de partenariat, original et ambitieux, entre le CAAJ et les collectivités locales. Au cours de mon intervention, j’aborde la question du contexte sociétal déplorable dans lequel tous les éducateurs (parents, professionnels de l’aide, enseignants,…) sont obligés de se dépatouiller !

Pour rendre mon message le plus intelligible possible, je fais allusion à l’envahissement de la pornographie et de l’utilisation dévoyée de l’image de la femme, un peu partout, dans les médias, sur internet… A mots crus, à l’image de la vulgarité que je dénonce, j’expose les difficultés que rencontrent désormais les adultes lorsqu’ils cherchent, dans un tel contexte, à soutenir l’adolescent au moment où se posent à lui les questions liées à la gestion des sentiments amoureux, de la sensualité, de la sexualité, de la vie…

Je fais ainsi allusion aux simples clips vidéos sur MTV ou MCM, où se trémoussent de superbes femmes sculpturales et plantureuses, véritables gibiers à drague, mimant des saccades amoureuses sur des capots rutilants de grosses cylindrées américaines, le tout sous le regard cupide de machos flamboyants affublés de GSM dernier cris, de montres à la Sarkozy , du dernier modèle I-pod ou de la dernière mini-caméra vidéo… J’évoque aussi la disponibilité immédiate sur le net de nombreuses images pornographiques dont de très nombreuses sortent largement de la pratique ancestrale de la position du missionnaire ! Sadisme, soumission, avilissement de la femme sont les maîtres mots des nombreux « teasers » consultables, sans téléchargement, en quelques simples coups de clics…

Je ne suis pas surpris d’être interpellé à la sortie par une charmante petite dame qui me fait part du fait que j’ai choqué plusieurs mandataires communaux qui l’accompagnaient. Conscient d’avoir utilisé un langage « imagé »à propos des bassesses sur lesquels je cherchais à attirer l’attention, je m’apprête à solliciter sa mansuétude au regard des quelques mots « déplacés » que j’avais prononcés lorsqu’elle me précise, sans attendre mes excuses, qu’ils ont surtout été choqués par l’allusion déplacée à la montre du Président français !!

Passé le premier sourire, puis un moment d’effroi, j’ai vite réalisé la portée symbolique du jugement de ces messieurs choqués par mes propos ! Il n’est plus aujourd’hui indécent de nourrir nos enfants d’images dégradantes ou simplement honteuses : la vraie vulgarité, la véritable obscénité se cachent désormais dans l’arrogance des riches face aux plus pauvres dont la montre bling-bling du président Sarkozy est sans doute une image médiatisée parmi les plus fortes.

Mais l’indécence n’a jamais constitué une valeur morale ! Aussi conviendrait-il, à l’image des femmes diaphanes d’autrefois dont on ne pouvait souffrir de voir fût-ce un bout de sein, que les riches et les puissants fassent au moins preuve de réserve et de discrétion. La convoitise et cette furieuse envie de posséder à son tour, que ce soient des biens matériels ou des êtres humains, forment, chez les jeunes comme chez les adultes, le creuset de comportements délinquants et déviants. Une fois encore, plutôt que se contenter de les sanctionner, il y aurait sans doute lieu d’agir sur les contextes dans lesquels ils naissent !.

samedi 20 décembre 2008

Prendre les enfants pour ce qu'ils sont et pour ce qu'ils font

Les enfants et les jeunes, qui représentent souvent près de 40% des populations, sont depuis toujours, et partout dans le monde, exclus des processus de décision. Ils ont le sentiment que leur avis ne compte pas, qu'ils n'ont aucune influence sur la société. Et il est vrai que même lorsque des projets semblent chercher à impliquer les enfants, il s'agit parfois de parodies de démocratie mises en place pour légitimer un discours politiquement correct qui affirme la participation des enfants.

D’aucuns ont pu se montrer dubitatifs quand au bien fondé de la thématique choisie pour célébrer, ce 20 novembre 2008, le 19ème anniversaire de la ratification de la Convention des droits de l’enfant. Quoi, c'en est donc fini des enfants maltraités, abusés, mal soignés, handicapés, à protéger ? Quoi, il n'y a donc rien de plus important que la participation des enfants dans la société? N'est-ce pas là une préoccupation de pays riches, prospères et qui garantissent, de facto, l'existence et le respect intégral des droits de l'enfant ? Ce choix d'une thématique, qui paraît tout sauf prioritaire, est-il le signe que notre pays, notre Communauté, respecte à la lettre les principes de la Convention ?

Eh bien, non, non et trois fois non.

Rappelons en préambule que la Convention ne dit pas « les enfants ont le droit de… » mais qu’elle stipule que « les Etats parties garantissent à l’enfant… » une série de droits. Pour nous, il s’agit donc d’une mission incontournable.

Si notre pays n'est pas un pays barbare, si la Communauté française n'est certes pas le plus mauvais élève de la classe, il reste des tas de choses à faire en matière de respect des droits de l'enfant et de son meilleur intérêt.

Il suffit d'évoquer les couvre feux anti-jeunes, les caméras de surveillance qui fleurissent partout dans les villes et les campagnes, ou encore les dispositifs « mosquitos », pour se convaincre qu'il reste du chemin à parcourir.

La pauvreté quant à elle ne se limite plus désormais aux images qu'on en avait traditionnellement : visages d'enfants africains décharnés, couverts de mouche et tendant la main. Il faut désormais ajouter celles des enfants pauvres dans les villes riches et prospères de nos pays industrialisés.

Quand on veut défendre les droits de l'enfant, tous les droits, on est parfois assis entre deux chaises, pris entre deux discours qui ont une fâcheuse tendance à s'opposer!

L'un dit qu'il faut protéger les enfants, simplement parce qu'ils sont petits et pas en mesure de se défendre par eux-mêmes ; l'autre, les voit déjà plus « grands », un peu comme des adultes en miniature, libres de consentir ou de ne pas consentir, de passer des contrats...

Les droits de l'enfant se situent à l'articulation même de ces deux discours, entre protection et émancipation. Et il n'y a pas, à notre sens, de priorité absolue à accorder à l'un ou l'autre discours. Mais il est clair que la participation des enfants tient plus du discours émancipateur que du discours protectionnel. Il faut bien reconnaître que nous, adultes, sommes plus à l'aise avec le discours protecteur. Sans doute parce qu'il nous valorise, et surtout parce que, viscéralement, nous avons du mal à croire en la capacité des enfants à développer seuls leurs propres talents, à s'autonomiser, à déployer leurs propres compétences, à être, simplement et en un seul beau mot, « civilisateurs ». Il nous reste du chemin à parcourir pour considérer qu'il est possible d'utiliser l'énergie des enfants et des jeunes, la richesse de leurs idées et l'absence de censure sociale des petits pour modeler la collectivité...

Ce qui caractérise notre époque, c'est certainement l'affaissement des divers liens (sociaux, professionnels, familiaux, scolaires) et la montée en puissance d’un individualisme forcené. Le chacun pour soi, l'individualisation des trajectoires, constituent sans doute la marque de fabrique des années que nous vivons.

Alors que la société fait la promotion de valeurs individualistes et prône le chacun pour soi, la participation, qui requiert un mode de pensée et d'action directement fondé sur la notion de partenariat, implique que tout le monde coopère. Coopérer, voilà sans doute le mot clef!

Coopérer, ça signifie partager le pouvoir, en recevoir, mais aussi en céder.

Coopérer exige à certains moments, de savoir accepter la critique et la remise en question. A d’autres moments, cela impose de s’ouvrir à l'innovation, à la nouveauté, à l'imprévu. Coopérer, ça signifie aussi, pour les enfants et les jeunes, être reconnus pour ce qu'ils sont et ce qu'ils font.

Coopérer c'est surtout quelque chose qui s'apprend : ça ne s'enseigne pas une heure par semaine comme une simple discipline scolaire! Ni sur base d'un projet qui peut être réalisé une fois pour toutes.

C'est au cours de l'enfance que l'on commence à coopérer et cette coopération augmente progressivement avec les années, jusqu'à faire des citoyens adultes, responsables et conscients des enjeux collectifs. C'est en coopérant qu'on acquiert un état d'esprit et un comportement démocratique. La maturité politique vient avec l'expérience et ne s'apprend pas dans les livres...

On entend souvent des responsables associatifs dire que c'est bien beau la participation des enfants mais que ce n’est pas facile à mettre en œuvre. Certains rajoutent volontiers qu'avec les enfants et les jeunes des quartiers populaires, c'est carrément galère! Et c'est vrai qu'à force de ne jamais être sollicités, de ne jamais se voir proposer des offres de participation, certains enfants qui vivent des réalités difficiles en sont venus à considérer qu'ils pouvaient bien se contenter de ce statut d'objet dans lequel on les relègue : objets d'éducation, objets d'instruction, objets de solidarité, objet de contrôle. Allez demander à un objet de se mettre à participer, ça prendra sans doute un peu de temps!

Mais ce n'est certainement pas une bonne raison pour ne pas tenter le coup. Tout ceux qui l'on fait, en réfléchissant à la méthodologie, en se mettant au niveau des jeunes avec lesquels ils sont en contact et en acceptant une certaine souplesse dans les relations, constatent que les enfants et les jeunes, de quelques milieux qu'ils soient issus, souhaitent généralement participer à la vie de la société : ils s'engagent et prennent des responsabilités ...pour autant qu'on leur en donne l'occasion et qu'on leur marque vraiment notre confiance! Les expériences présentées à l’occasion de la journée des droits de l’enfant du 20 novembre en sont la preuve.

La participation constitue aussi un formidable antidote aux logiques sécuritaires. Inviter des jeunes à participer, à coopérer, c'est les prendre « en compte », « en considération » avant qu'ils n'irritent ou ne deviennent des problèmes qu'il faudra se résoudre à prendre « en charge ». C'est aussi leur permettre de sortir d'une image narcissique déplorable et d'acquérir une stature sociale valorisante. Rappeler par la même occasion à la société que la jeunesse n'est pas un problème permettrait sans doute de modérer nos allants quand il s'agit de punir, de contraindre, d'enfermer, d'embastiller...

La Convention des droits de l’enfant reconnaît aux enfants le droit à la liberté d'expression, de pensée, d'opinion, de réunion et d'association. Les enfants ont donc non seulement le droit d'être protégés mais également le droit d'agir, de s'exprimer, de donner des opinions et de prendre des initiatives individuelles ou collectives pour que leurs droits soient respectés.



Ce texte qui reprend l'essentiel des conclusions de la matinée organisée conjointement par l'Observatoire de l'enfance, de la jeunesse et de l'AAJ et l'Institution du Délégué général , à l'occasion de la journée nationale des droits de l'enfant a fait l'objet d'une parution dans "La libre " du 15 décembre 2008


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Au rayon "calamités" de la Communauté française!

« Que restera-t-il de ces 5 ans de gouvernement PS-cdH? demande Mme Bertieaux, qui donne aussitôt la réponse: les décrets Inscriptions, le nouveau Délégué général aux droits de l'enfant, une douche à la ministre-présidence, les voyages à Pékin et le Country Hall du Ministre Daerden, une ministre de l'Aide à la Jeunesse noyée par la matière à gérer et Bruxelles qui aura été le laissé-pour-compte de cette Communauté française largement gérée à partir de la Région wallonne ».
Voilà ce que déclarait la chef de file MR à la Communauté française le 25 novembre dernier. Bien sûr, on ne peut pas plaire à tout le monde mais, vu le voisinage, je m'inquiète quand même!!

mercredi 8 octobre 2008

V'là autre chose!

Le grand quotidien "La libre" lance ces jours-ci sa nouvelle campagne promotionnelle. Dès samedi, pour 3€95 et trois timbres à découper (les ciseaux ne sont pas fournis!) , on pourra désormais faire l'acquisition de superbes couteaux en acier forgé inoxydable, de haut de gamme (molybdène vanadium) et manches ergonomiques. Juste les mêmes couteaux que ceux utilisés par le célèbre chef du restaurant "Comme chez soi"!

Bien sûr, jouer son petit Lionel Rigolet à la maison avec une collection de beaux couteaux ça peut faire impression. Mais, franchement, z'auraient pas pu trouver autre chose que des couteaux? Ca fait pas un peu mauvais goût par les temps et les galopins qui courent? Le grand chef n'utilise donc jamais de passoire, de tamis, de salière, de cuillère en bois ou d'indolores couverts à salade ? Ca aurait pu aussi faire une très belle panoplie,non ? Et va -t-on demander aux commerçants de consulter la carte d'identité des éventuels jeunes acheteurs de "la Libre" les week-end?

Y a plus qu'à espérer que les libraires portent des gants dès samedi , parce que le premier couteau ne fait pas moins de 16,5cm et s'appelle, ça ne s'invente pas, le couteau à découper!
On vit vraiment une époque formidable.

mercredi 1 octobre 2008

Enfants en centres fermés

J’en reviens à mon message posté ci-dessous, il y a quelques jours.
La Ministre nous avait donc promis la fin de la détention des enfants en centres fermés pour ce début octobre. Ce matin, les médias nous informaient que seul un logement était prêt mais qu’ils ne concernaient pas les familles actuellement détenues en centres fermés.
Mais à qui sont donc destinés ces logements ? Et où se trouvent-ils ?
Plusieurs associations et institutions, francophones et néerlandophones, de défense des droits des enfants et des étrangers se posent des questions, d’ordre pratique, quant à la mise en œuvre du projet. Un courrier a été adressé à la Ministre de la politique de migration et d’asile à ce sujet.

Une série de questions lui ont été posées notamment :
Quant aux familles :
- Quelles familles sont concernées par la mesure? Les familles illégales sur le territoire ? Les familles détenues au centre 127 ? Les « cas Dublin » ? Les familles en centre Fédasil ?
- A quel moment de la procédure aura lieu le placement ?
Concernant les coachs :
- Combien de coachs travailleront-ils avec les familles ?
- Quel est leur profil, leur formation, leur mission ?
- A partir de quand une famille se voit-t-elle désigner un coach ?
- Si la durée de l’hébergement dans des maisons individuelles dure en moyenne trois semaines, de quelle manière pourra-t-il garantir qu’une relation de confiance s’installe dans un si court délai ?
- Quelle relation existe-t-il entre le coach et la famille ? Sont-ils liés par une sorte de contrat ? Dans l’affirmative, que prévoit ce “contrat” ?
Concernant le transfert des familles dans les maisons individuelles :
-De quelle manière les familles sont-elles mises au courant de la décision de transfert dans une maison individuelle ?
- Combien de temps disposent-elles pour organiser le déménagement ?
- De quelle manière sont-t-elles transférées dans une maison individuelle ? Que se passe-t-il si la famille refuse d’être transférée ?
Concernant l’hébergement dans les maisons individuelles :
-Où se situent ces logements individuels et combien y en a-t-il ?
-Les familles peuvent-elles prendre contact avec des personnes extérieures ?
-Quelle est leur liberté de sortir des maisons individuelles ?
-Les associations et les avocats ont-ils la possibilité de rendre une visite aux familles ?
-A partir du moment où tous les logements individuels sont occupés, où sont hébergées les autres familles pour éviter qu’elles soient enfermées ?
-Dans les maisons individuelles, les parents peuvent-ils exercer normalement leur rôle par exemple, en cuisinant pour la famille ?
-Si des familles demandeuses d’asile sont inclues dans le projet, comment comptez-vous assurer que les dispositions de la Directive de l’Union européenne sur l’accueil seront bien respectées ?
Concernant la scolarité des enfants :
-Les enfants sont-ils inscrits à l’école ?
-Une famille transférée dans une maison individuelle durant l‘année scolaire doit-t-elle changer les enfants d’établissement scolaire ? Comment garantissez-vous que ce changement ne porte pas préjudice aux enfants ?

La Ministre a indiqué s’inspirer des modèles australien et suédois, espérons qu’elle les prenne dans une logique globale d’accueil, d’accompagnement dès l’arrivée en Belgique, de droit de séjour ou de retour volontaire sinon ce projet risque bien d’être voué à l’échec...