mardi 23 septembre 2008

Adam

Le procès en Assises s'est ouvert en ce début septembre. Outre qu'il ramène au devant de l'actualité un drame qui a fait couler beaucoup d'encre et a entraîné plusieurs initiatives politiques dont l’efficacité reste à démontrer, le début du procès a, à nouveau, été le débat, hors prétoire, de la justification de la mesure de dessaisissement qui a touché Adam alors que Mariusz y avait échappé.

Autre sujet connexe à la une à l'occasion de ce début de procès, la prise en charge des mineurs contrevenants en Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse fermées, assimilées, notamment par les parents de Joe à des « clubs Med » du pauvre. Inutile de redire ici ma profonde opposition à toute mesure de dessaisissement et ma conviction bien ancrée que, lorsque le recours à une mesure de privation de liberté d'un jeune contrevenant doit être ordonnée, celle-ci ne peut être exécutée sans un accompagnement pédagogique et psychologique de qualité que seuls les services de la Communauté française me semblent à même d'assurer.

J’ai souvent dit mon profond respect pour les victimes de cette tragédie et ma compréhension de leur volonté que la sanction appliquée aux coupables soit à la hauteur de l’atrocité du drame que la famille doit endurer. La communauté scientifique dans son écrasante majorité et les différents acteurs de terrain confrontés aux problématiques de délinquance et de criminalité se rejoignent pourtant pour reconnaître non seulement l’inutilité de la prison, mais aussi les effets nocifs et criminogènes du système carcéral J'ai pu rappeler (RTL+, 16 septembre) qu'en cas de confirmation de la suspicion de culpabilité de l'accusé, il serait très surprenant que le jury populaire ne se prononce pas exclusivement et très classiquement pour une lourde peine de prison…

Sans dessaisissement pourtant, sur base des fondamentaux de la loi sur la protection de la jeunesse, récemment réformée, des mesures associant l’intérêt des victimes, de la société et du jeune auteur auraient pu être ordonnées .Une prise de conscience de la gravité des faits à travers une médiation avec les victimes, des excuses à leur égard et leur dédommagement même symbolique, des prestations éducatives et philanthropiques, une mise à l’écart dans un lieu sécurisé mais éducatif sont, parmi d’autres, des mesures très concrètes à la disposition des magistrats de la jeunesse qui, contrairement à la peine de prison, ont pu démontrer leur efficacité. Il n’est pas inutile de rappeler que la loi réformée permet aujourd’hui, si nécessaire, de cumuler les mesures afin de s’ajuster au mieux à la personnalité des jeunes concernés et à la gravité des faits commis.

Enfants en centres fermés

Annemie Turtelboom a annoncé, à grands renforts de communication, la fin de la détention des enfants en centres fermés. De suite après, des voix s'élevaient, dont la mienne (Bel RTL), pour regretter le manque de précision de l'annonce: s'il ne devait s'agir que des mineurs dont les familles sont en voie d'expulsion, la mesure annoncée ne concernerait finalement que fort peu d'enfants...

Les réponses, apportées par l'attaché de presse de la Ministre à l'inquiétude générale, laissaient entendre que la mesure concernait bien tous les enfants (y compris les enfants des familles en cours de recours et les cas Dublin) mais l'interview de Freddy Roosemont au JT du soir faisait craindre le contraire: il laissait clairement entendre que la mesure ne s'appliquerait qu'une fois la décision finale d'expulsion confirmée. Afin de mettre fin à toute spéculation, j'écrivais le jour même à Madame Turtelboom en lui demandant une réponse urgente aux questions posées notamment dans le communiqué de presse rédigé par le CIRE. Aucune réponse ne m'est encore parvenue...

Par ailleurs, le plus haut responsable de l'Office des Etrangers n'envisageait le déplacement des familles et leur « coaching » qu’en toute fin de processus: cette vision est très éloignée des modèles dont Madame Turtelboom prétend s'inspirer. Ceux-ci prévoient en effet la détermination d'un coach dès le début de la procédure, de manière à créer un climat de confiance minimal, seul garant de la réussite de la mesure.

Appliquée comme elle est annoncée et évaluée après seulement deux mois d'expérimentation, la décision de la Ministre risque bien de se révéler un triste échec et conforter encore celles et ceux qui ne veulent envisager d'autre possibilité que l'enfermement des familles.

Rentrée chahutée...

On ne pourra pas dire, en matière des droits de l'enfant, que la rentrée de septembre aura été un long fleuve tranquille : ceci explique, en partie, le manque d'actualisation du blog!
Séance de rattrapage donc en plusieurs billets postés avec retard…